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Tendon1 octobre 2026·2 min de lecture

Tendinite = inflammation ? Pas vraiment, et le repos ne suffit pas

Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport

On entend souventPlutôt faux

« J'ai une tendinite, donc c'est de l'inflammation : il me faut du repos et des anti-inflammatoires. »

En réalité

Un tendon douloureux est le plus souvent un tendon surchargé, pas enflammé : il a besoin d'une charge dosée et d'exercices, pas d'un simple repos.

51 sur 65

personnes nettement mieux à 1 an avec éducation + exercice (hanche), contre 36 sur 63 après une infiltration

3 mois

d'exercice conseillés avant d'envisager un complément (Achille, rotulien, hanche)

Pourquoi on y croit

C'est logique de le penser : le mot « tendinite » finit par « -ite », qui évoque l'inflammation, et un répit soulage souvent sur le moment. Beaucoup de soignants l'ont longtemps répété.

Ce que montrent les études

Le mot « tendinite » fait penser à un tendon enflammé. Pourtant, une revue de la littérature indique que ces douleurs s'accompagnent peu, voire pas, d'inflammation. On parle aujourd'hui de tendinopathie : un tendon qui supporte moins bien la charge qu'on lui demande.

Imaginez un câble de pont : il s'adapte au trafic qu'il subit. Si le trafic augmente trop vite, ou après une longue pause, il réagit. Il n'est pas « en feu » : il est surchargé.

Cela change la façon de soigner. Les anti-inflammatoires et les infiltrations de corticoïde soulagent parfois à court terme, mais leur efficacité à long terme n'a pas été démontrée. Pour le coude, les essais regroupés montrent même que l'effet de l'infiltration s'inverse au bout de quelques mois. Pour la hanche, un programme d'éducation et d'exercices a fait mieux qu'une infiltration à un an. Si vous prenez un médicament, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Et le repos ?

Quelques jours de répit sur ce qui irrite le plus peuvent aider quand c'est très douloureux. Mais un tendon a besoin de charge pour retrouver sa capacité. Un repos long soulage souvent, puis la douleur revient dès que vous reprenez.

À l'inverse, continuer comme si de rien n'était n'est pas la solution non plus.

Alors, que faire ?

Les revues placent l'exercice en première intention : aucun complément n'a clairement fait mieux que l'exercice seul, qu'on conseille de tenir au moins trois mois avant d'envisager autre chose.

  • On réduit ce qui irrite le plus, on garde ce qui est toléré.
  • On renforce progressivement le tendon.
  • On remonte par paliers : une gêne légère qui redescend d'ici le lendemain, la dose est bonne ; sinon, on réduit.

Pour aller plus loin, voyez la page sur la tendinopathie, l'article sur la durée de la tendinopathie d'Achille ou ce qui se passe lors d'une première séance.

À faire

  • Réduire ce qui irrite le plus, le temps que le tendon se calme
  • Garder les activités que votre tendon tolère
  • Renforcer le tendon et son muscle, de façon régulière
  • Remonter la charge par paliers, en surveillant la réaction du lendemain

À éviter

  • Rester au repos complet pendant des semaines
  • Passer outre une douleur vive ou qui s'aggrave de jour en jour
  • Compter sur les anti-inflammatoires comme traitement de fond
  • Tout reprendre à pleine charge dès que la douleur se calme

À retenir

  • Le terme actuel est tendinopathie : un tendon qui supporte moins bien la charge, plus qu'un tendon enflammé.
  • Anti-inflammatoires et infiltrations soulagent parfois vite, mais leur bénéfice durable n'est pas démontré.
  • Ni repos prolongé, ni passer outre la douleur : on dose, on renforce, on remonte par paliers.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.

Un premier bilan pour y voir clair

Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Tendinopathie : comprendre et traiter la douleur du tendon.

Augustin Castel, kinésithérapeute du sport

Augustin Castel

Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus

SourcesRéférences scientifiques (6)
  1. Andres BM, Murrell GA. Treatment of tendinopathy: what works, what does not, and what is on the horizon. Clin Orthop Relat Res. 2008;466(7):1539-1554. PubMed
  2. Cook JL, Rio E, Purdam CR, et al. Revisiting the continuum model of tendon pathology: what is its merit in clinical practice and research? Br J Sports Med. 2016;50(19):1187-1191. PubMed
  3. Coombes BK, Bisset L, Vicenzino B. Efficacy and safety of corticosteroid injections and other injections for management of tendinopathy: a systematic review of randomised controlled trials. Lancet. 2010;376(9754):1751-1767. PubMed
  4. Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al. Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy. Br J Sports Med. 2018;52(22):1464-1472. PubMed
  5. Challoumas D, Crosbie G, O'Neill S, et al. Effectiveness of exercise treatments with or without adjuncts for common lower limb tendinopathies: a living systematic review and network meta-analysis. Sports Med Open. 2023;9(1):71. PubMed
  6. Pattanittum P, Turner T, Green S, et al. Non-steroidal anti-inflammatory drugs (NSAIDs) for treating lateral elbow pain in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2013;(5):CD003686. PubMed

Pour aller plus loin

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