Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
« J'ai une vertèbre déplacée : il faut me la remettre en place. »
En réalité
Vos vertèbres tiennent solidement en place : le « crac » est un bruit de gaz, et un dos douloureux est sensible, pas déboîté.
96 %
des personnes de 80 ans sans mal de dos ont des disques « dégénérés » à l'imagerie : c'est l'âge, pas un déplacement
9 211
personnes dans la grande revue sur les manipulations : effet semblable aux autres traitements recommandés
Pourquoi on y croit
C'est logique de le penser : la douleur est localisée, le dos est raide, et un « crac » après une manipulation donne l'impression qu'un os est revenu. Cette image a longtemps été répétée, y compris par des soignants.
Imaginez une tour tenue par de nombreux haubans : vos vertèbres sont reliées par des disques, des ligaments très solides et des muscles puissants. Un faux mouvement ne les fait pas « sortir ». Un vrai déplacement ne survient qu'après un traumatisme violent (accident, grosse chute) et se reconnaît immédiatement : c'est une urgence médicale, tout autre chose qu'un mal de dos courant.
Et le « crac » ? Lors d'une étude par IRM en direct sur des articulations de doigts, des chercheurs ont observé qu'il correspond à la formation soudaine d'une petite cavité de gaz dans le liquide de l'articulation. Ce n'est pas un os qui revient à sa place.
Reste la question des asymétries. Une revue de 46 études conclut qu'on ne peut tirer aucune conclusion ferme : le bassin est un peu plus incliné chez les personnes douloureuses, mais la différence de longueur des jambes n'est pas plus fréquente chez elles que chez les autres. Une asymétrie n'explique donc pas, à elle seule, une douleur.
Elles ne sont pas inutiles. Une méta-analyse de 47 essais (Rubinstein, BMJ 2019) montre que, dans la lombalgie chronique, elles ont des effets semblables à d'autres traitements recommandés. Une mise à jour Cochrane récente juge toutefois la certitude des preuves faible à très faible. Les effets indésirables rapportés sont surtout de courtes douleurs ou raideurs.
Elles peuvent donc soulager et faciliter le mouvement, mais elles ne « remettent » rien en place.
Si on vous répète que votre dos « sort » régulièrement, vous apprenez à le croire fragile et à dépendre de quelqu'un pour le réparer. Un dos douloureux est surtout un dos sensible, souvent surchargé. On dose donc ses activités, on le renforce, puis on remonte par paliers. Pour aller plus loin : lombalgie, cervicalgie ou votre première séance.
À faire
À éviter
À retenir
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Lombalgie et douleurs du dos.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
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