Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
« J'ai mal, donc je me fais du mal : il y a forcément un dégât quelque part. »
En réalité
La douleur est une mesure de protection décidée par le cerveau, pas un compteur de dégâts : on peut avoir mal sans lésion, et une lésion sans mal.
37 % → 96 %
des personnes sans mal de dos ont des disques qui « vieillissent » à l'IRM, entre 20 et 80 ans
43 %
des genoux sans douleur, à 40 ans et plus, montrent une irrégularité du cartilage à l'IRM
≈ 6 sur 100
baisse moyenne de la douleur à court terme après des séances d'explication seules : un effet modeste
Pourquoi on y croit
C'est logique de le penser : quand on se brûle ou qu'on se tord la cheville, la douleur et la blessure vont ensemble. Beaucoup de soignants ont aussi longtemps expliqué la douleur de cette façon.
Chez des personnes qui n'ont aucun mal de dos, l'IRM montre très souvent des disques qui « vieillissent », des bombements, de petites fissures. Au genou, c'est la même chose : chez des adultes sans douleur, on voit régulièrement des irrégularités du cartilage ou de petites fissures du ménisque. Ces images font partie de la vie normale du corps, un peu comme les cheveux gris.
Le contraire existe aussi : on peut avoir très mal sans qu'aucune image ne montre quoi que ce soit d'inquiétant.
La douleur n'est pas un simple message de dégât envoyé par les tissus. Votre cerveau la produit pour vous protéger, en pesant tout ce qu'il sait : l'état de la zone, mais aussi votre sommeil, votre stress, votre peur de bouger, ce qu'on vous a dit et ce que vous attendez.
Imaginez un guide de montagne prudent. Il ne regarde pas seulement l'état du sentier : il tient compte de la météo, de sa fatigue, de celle du groupe. S'il juge la route risquée, il vous freine, même si le sentier est en bon état.
La douleur est toujours réelle. Elle n'est jamais « dans la tête » : elle est produite par un système nerveux qui cherche à vous protéger.
Les revues d'études montrent qu'expliquer ainsi la douleur aide surtout à diminuer la peur de bouger. L'effet sur la douleur elle-même reste modeste : c'est un complément à l'exercice, pas un remède.
Ce n'est pas un feu vert pour forcer. Une zone qui fait mal est le plus souvent surchargée, c'est-à-dire sollicitée au-delà de ce qu'elle tolère en ce moment. On réduit donc ce qui l'irrite, on garde ce qui reste confortable, puis on renforce pour qu'elle tolère davantage et on remonte par paliers.
Un repère simple : si la douleur est calmée le lendemain, la dose était bonne. Si elle monte et reste, on baisse d'un cran. Pour un mal de dos ou une douleur au genou, je construis ce cadre avec vous dès le bilan, lors de la première séance.
À faire
À éviter
À retenir
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Kinésithérapie du mal de dos.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
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