Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
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« J'ai mal au dos, donc je dois me reposer et rester au lit jusqu'à ce que ça passe. »
En réalité
Le repos au lit n'aide pas mieux que de rester actif, et en cas de mal de dos aigu, rester actif fait un peu mieux. L'idée : doser, pas s'arrêter.
10 essais
comparant repos au lit et rester actif, réunis dans la revue Cochrane de référence
Pourquoi on y croit
C'est logique de le penser : quand ça fait mal, le corps réclame de la pause, et le repos a longtemps été la consigne donnée aux patients.
La revue Cochrane de Dahm et collègues a réuni dix essais randomisés. Pour un mal de dos aigu, conseiller de rester actif donne de petits bénéfices sur la douleur et la fonction, comparé au conseil de rester au lit. Pour la sciatique, il y a peu ou pas de différence entre les deux : le repos ne fait pas mieux.
Soyons honnêtes : ces preuves sont de qualité modérée, et les auteurs notent que de nouvelles études pourraient modifier ce constat. Les grandes recommandations (Foster et collègues, 2018) vont dans le même sens : elles encouragent à reprendre les activités normales, et relèvent que le repos est encore beaucoup trop utilisé.
Pensez à une porte que l'on n'ouvre plus : elle finit par grincer. Un dos que l'on n'utilise plus se raidit de la même façon, et le moindre geste paraît alors plus impressionnant.
Il y a aussi la peur. Selon une revue systématique, dans les douleurs de dos de moins de six mois, les personnes qui craignent fortement le mouvement ont ensuite plus de douleur et plus de gêne au quotidien. Rester couché des jours entretient souvent cette crainte.
Ni rester au lit, ni forcer. On dose. Un jour ou deux à réduire ce qui aggrave nettement la douleur, c'est compréhensible. Mais on garde ce qui est toléré, comme la marche, puis on en fait un peu plus chaque jour. Le repère : regardez la douleur le lendemain. Si elle est nettement plus forte, la dose était trop haute, et on redescend d'un cran.
Pour les premiers jours en détail, voyez l'article sur le lumbago et la page lombalgie et douleurs du dos.
Difficulté à uriner, engourdissement entre les jambes, faiblesse marquée d'une jambe, fièvre, ou douleur après une chute violente : consultez rapidement. Sinon, si la douleur ne s'améliore pas, une première séance permet de faire le point.
À faire
À éviter
À retenir
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Lombalgie et douleurs du dos.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
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