Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
L'essentiel
Vous avez mal derrière le talon ou un peu plus haut, surtout aux premiers pas du matin ou au début d'une sortie de course. Cela fait des semaines, peut-être des mois, et vous vous demandez quand cela va enfin passer.
La réponse courte : je ne peux pas vous promettre de délai, mais il faut raisonner en semaines à mois d'exercices réguliers, pas en jours. Les recommandations de référence conseillent d'ailleurs de donner au moins trois mois à un programme d'exercices avant de conclure qu'il ne marche pas et de discuter d'autres options. Pour la plupart des gens, la patience est payante.
Imaginez un câble de pont : il s'adapte au trafic qu'il supporte. Si le trafic augmente trop vite, ou après une longue pause, il réagit et devient douloureux. Mais un câble ne se renforce pas en quelques jours : il s'adapte lentement, par petites augmentations de charge répétées.
Votre tendon d'Achille fonctionne ainsi. Il n'est pas « usé » ni « abîmé » : il est le plus souvent surchargé par rapport à ce qu'il peut tolérer aujourd'hui. Ce n'est pas un verdict : un tendon peut s'adapter et reprendre de la capacité. Mais cela prend du temps, et c'est normal que la douleur ne disparaisse pas d'un coup.
Le temps dépend de plusieurs choses : l'ancienneté des symptômes, votre niveau d'activité, la zone touchée (voir plus bas), votre sommeil, votre stress, votre âge. C'est pourquoi les durées « moyennes » lues sur internet disent peu de choses sur votre cas.
On vous a peut-être dit de vous reposer complètement, ou au contraire de « courir malgré la douleur pour l'user ». Ni l'un ni l'autre.
Un essai randomisé suédois a comparé des coureurs et sportifs qui continuaient leur activité en surveillant la douleur, à d'autres qui l'arrêtaient pendant six semaines. Les deux groupes se sont améliorés de façon comparable : poursuivre une activité adaptée, dosée, n'a pas été un handicap. Ce n'est pas un feu vert pour tout faire : c'est la dose qui compte.
Un repos long soulage parfois, puis la douleur revient à la reprise. Un tendon a besoin de charge pour retrouver sa capacité.
Le renforcement est le cœur du traitement. Deux formes sont très étudiées :
Dans un essai comparant les deux sur 12 semaines chez des personnes qui avaient mal depuis plus de trois mois, les résultats ont été équivalents et se sont maintenus à un an. L'exercice lourd et lent avait un avantage pratique : les participants l'ont fait plus régulièrement. Les revues plus larges montrent que plusieurs formes de renforcement se valent, tant qu'elles sont régulières et progressives. Le meilleur programme est donc celui que vous tenez, adapté à votre tendon.
Dans un programme dosé avec votre kiné, une gêne légère à modérée pendant l'exercice peut être tolérée : elle reflète un tendon sensible, pas un dégât. Le repère le plus utile est le lendemain :
Cela ne veut pas dire qu'il faut serrer les dents : si une douleur vive vous fait boiter ou s'aggrave de séance en séance, on ne force pas, on ajuste.
La reprise se fait par paliers, pas selon une date. Dans la pratique, on réintroduit la marche rapide, puis des alternances course et marche, puis des sorties continues plus longues, et seulement ensuite les côtes, la vitesse et les sauts. À chaque étape, on observe la réaction du tendon à 24 heures avant de monter d'un cran. On évite d'augmenter en même temps la durée, la vitesse et le dénivelé.
Je ne vous donnerai pas de calendrier chiffré : il n'existe pas de protocole validé qui s'applique à tout le monde, et chaque tendon a son rythme.
Oui, c'est possible. Dans une étude suivie sur cinq ans, la majorité des personnes traitées par l'exercice avaient bien récupéré, mais une minorité avait connu une nouvelle poussée. Les rechutes surviennent souvent après une reprise trop rapide, ou quand la charge d'entraînement change brusquement.
Ce qui aide : garder un entretien de force simple (par exemple une séance de renforcement du mollet par semaine, à ajuster avec moi), augmenter progressivement lors des reprises ou changements de saison, et réagir tôt à un petit signal plutôt que d'attendre.
La tendinopathie d'Achille touche soit le milieu du tendon (2 à 6 cm au-dessus du talon), soit son insertion, tout en bas, sur l'os du talon.
Sur l'insertion, la descente du talon sous le niveau de la marche et les étirements du mollet appuient sur le tendon contre l'os et peuvent aggraver la gêne. Dans une étude suédoise, l'exercice excentrique classique, avec descente complète du talon, a donné de bien moins bons résultats à l'insertion qu'au milieu du tendon. On adapte donc les exercices (par exemple en restant sur un sol plat, sans descendre sous le niveau du talon) et on évite d'insister sur les étirements. C'est une raison de plus de faire examiner précisément où vous avez mal.
Je n'ai pas trouvé d'essais solides qui prouvent qu'une talonnette ou un type de chaussure en particulier guérit la tendinopathie d'Achille. Une talonnette peut soulager un peu certaines personnes en réduisant la tension sur le tendon, mais c'est un confort ponctuel, pas un traitement, et elle ne remplace pas le renforcement. Ce qui compte : des chaussures confortables et pas trop différentes de vos habitudes, et un changement de paire fait progressivement plutôt que du jour au lendemain.
Si vous voulez savoir à quoi ressemble une première séance, c'est par ici. Pour comprendre la logique générale, voyez la page sur la tendinopathie, ou mon cabinet à Woluwe-Saint-Lambert.
Une tendinopathie n'est pas une urgence, mais certains signes appellent un avis médical rapide :
Pour le reste, la durée ne dépend pas de la chance mais de la régularité. Un tendon qui s'adapte lentement finit le plus souvent par s'adapter : le but est de lui donner la bonne dose, au bon rythme.
Cela dépend de l'ancienneté des symptômes, de la zone touchée et de votre charge. En général, il faut compter plusieurs semaines à quelques mois d'exercices réguliers, et une revue de référence conseille d'attendre au moins trois mois avant de juger d'autres options. Je ne peux pas vous promettre de délai : le bilan permet une estimation plus personnelle.
Pas forcément en totalité. On réduit d'abord ce qui irrite le plus (côtes, fractionné, volume) et on garde ce que le tendon tolère. Le repère est la réaction du lendemain : si la douleur et la raideur du matin reviennent à leur niveau habituel, la dose est bonne ; sinon, on réduit. Un essai a montré qu'une activité dosée n'était pas moins bonne qu'un arrêt de six semaines.
Ils peuvent soulager un moment, mais ils ne remplacent pas le renforcement, qui est le traitement le mieux soutenu par les études. Sur l'insertion du tendon, tout en bas, les étirements appuient sur le tendon contre l'os et peuvent aggraver la gêne : mieux vaut les éviter ou les limiter dans ce cas, et faire examiner la zone précise de votre douleur.
Les preuves sont limitées : je n'ai pas trouvé d'essai solide montrant qu'une talonnette ou une chaussure précise traite la tendinopathie d'Achille. Une talonnette peut procurer un soulagement ponctuel chez certaines personnes, mais elle ne remplace pas le renforcement. Choisissez des chaussures confortables, proches de vos habitudes, et changez-les progressivement.
Une rupture survient souvent lors d'un effort brutal, avec un claquement ou un coup ressenti, une douleur vive, une perte de force nette et parfois un creux ou un bleu. Se hisser sur la pointe du pied devient difficile ou impossible. Dans ce cas, consultez rapidement un médecin : le délai de prise en charge compte. C'est moins fréquent qu'une simple tendinopathie.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Tendinopathie : comprendre et traiter la douleur du tendon.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
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