Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
L'essentiel
Vous venez d'être opéré (ou vous allez l'être), et chaque sensation du genou vous pose question : est-il normal qu'il soit aussi gonflé ? Chaud ? Que la nuit soit pénible ? La réponse courte : dans les premières semaines, le genou opéré est souvent douloureux, gonflé, chaud et raide, avec des bleus qui descendent parfois jusqu'à la cheville, et tout cela fluctue d'une journée à l'autre. Ce qui compte, c'est la tendance et la façon dont vous dosez vos journées. Et le protocole de votre chirurgien reste la référence : je décris ici des grandes lignes, pas un calendrier valable pour tout le monde.
Imaginez une maison rénovée en profondeur. Le chantier est terminé, mais tout n'est pas encore remis en service : les surfaces sont neuves, les tissus autour ont été sollicités, et il faut réapprendre à charger la structure progressivement. Votre genou est dans cette phase de remise en service. L'opération a fait travailler la peau, les muscles et les tissus autour de l'articulation : ils réagissent, d'où le gonflement, la chaleur et les bleus.
Il ne s'agit pas de quelque chose qui « s'abîme » si vous bougez : ce sont des tissus qui se remettent d'une intervention et qui supportent mal les excès, comme les longs moments sans rien faire.
Dans les semaines qui suivent, il est fréquent d'avoir :
La question n'est pas « est-ce que j'ai mal ? » mais « est-ce que j'en fais trop, trop peu, ou juste ce qu'il faut ? ». Mes repères :
Il n'est ni utile de rester immobile par précaution, ni de « serrer les dents » pour passer outre une douleur qui monte : on dose.
Après une prothèse de genou, la mobilisation commence souvent très vite, parfois dès l'hôpital. Une revue de la littérature qui compare une rééducation plus précoce à une rééducation plus tardive trouve qu'une reprise précoce paraît sûre et peut aider à court terme : moins de douleur au début, un peu plus de flexion et de force dans les premiers temps. En revanche, elle ne trouve pas de différence constante à plus long terme, et le nombre d'études est faible. Autrement dit : démarrer tôt est raisonnable, mais ce n'est pas une course.
Les exercices dépendent de votre protocole, de votre prothèse et de votre état. Les grands objectifs sont toutefois assez constants :
Le renforcement musculaire est une composante importante : une revue récente suggère que l'entraînement en résistance après remplacement du genou améliore la mobilité et la douleur, sans signal de risque supplémentaire dans les études analysées. Chaque exercice se fait avec un repère : doux à modéré, sans douleur qui s'envole, et un genou correct le lendemain.
Si vous avez encore quelques semaines devant vous, un programme d'exercices avant l'opération (la « préhabilitation ») est utile. Les revues les plus solides trouvent qu'il améliore la force et la fonction avant l'intervention, et un peu après, surtout dans les premiers mois, avec des effets qui s'estompent ensuite. Le niveau de preuve est modéré : c'est une aide, pas une garantie. Et même si l'opération est proche, être un peu plus fort et un peu plus mobile ne peut pas vous nuire, dans la mesure de vos possibilités.
Les études comparant une rééducation à domicile, avec suivi à distance, à une rééducation en présentiel trouvent globalement des résultats comparables pour la douleur et la fonction après une prothèse de genou. Mais la qualité de ces études est souvent faible à modérée, et selon les mesures, l'avantage va tantôt à un côté, tantôt à l'autre. Mon avis : l'idéal est souvent un mélange. Le cabinet quand un bilan, un ajustement ou une technique manuelle sont utiles ; la visio et le programme à la maison entre les deux, pour rester régulier.
Il n'y a pas de date universelle. Pour la conduite, les études montrent que la reprise est très variable d'une personne à l'autre : elle dépend du côté opéré, de la douleur, du type de voiture, des médicaments. Les critères pratiques sont : pouvoir freiner franchement en urgence, sans douleur qui vous freine et sans hésitation, et avoir l'accord de votre chirurgien (et de votre assurance, qui peut avoir ses propres règles). Pour le travail, cela dépend de ce que vous faites : bureau, station debout, port de charges. Pour le sport, on avance par étapes, selon la force, le contrôle du genou et l'avis du chirurgien.
« Il faut ménager la prothèse. » On vous l'a peut-être dit. Les preuves sur les restrictions à long terme sont limitées, et les conseils varient beaucoup d'un professionnel à l'autre : cela montre surtout que le sujet est mal tranché. Ce qui vous convient dépend de votre prothèse et de votre chirurgien : on en discute avec lui, plutôt que de s'interdire d'emblée tout effort, ou de reprendre sans repère en passant outre la douleur.
Nous commençons par lire ensemble le protocole de votre chirurgien, puis je fais un bilan : flexion, extension, force du quadriceps, gonflement, cicatrice, marche. Ensuite : exercices progressifs, éducation (ce qui est normal, comment doser), et gestion de la charge au quotidien. La thérapie manuelle peut être un complément ponctuel pour le confort, jamais l'élément central. Certaines séances peuvent se faire en téléconsultation. Pour plus de détails, voir la page rééducation post-opératoire ; si une douleur de genou précède l'opération, voyez aussi la page douleur du genou. Pour savoir à quoi ressemble une première séance : première séance.
Contactez votre médecin ou votre chirurgien, ou les urgences selon la gravité :
Les premières semaines sont souvent plus inconfortables qu'on ne l'imagine, mais la plupart des sensations s'expliquent. Dosez, avancez par paliers, et n'hésitez jamais à poser une question de plus à votre équipe.
Cela varie beaucoup d'une personne à l'autre : le gonflement et la chaleur peuvent persister plusieurs semaines, parfois plus, avec des hauts et des bas. Ils augmentent souvent après une journée chargée, puis se calment avec le repos et la surélévation. Ce qui compte est la tendance générale. Un côté soudain beaucoup plus gonflé, rouge ou accompagné de fièvre doit en revanche être signalé rapidement.
Il n'y a pas de date universelle. Les études montrent une reprise très variable, qui dépend du côté opéré, de la douleur, du type de véhicule et des médicaments. Les critères : pouvoir freiner fermement sans douleur ni hésitation, ne plus prendre d'antidouleurs qui endorment, et avoir l'accord de votre chirurgien. Vérifiez aussi les conditions de votre assurance.
Pas n'importe comment. Une gêne qui reste modérée et qui retombe est compatible avec les exercices ; une douleur qui s'envole ne l'est pas. Le repère du lendemain aide : si le genou est nettement plus gonflé, chaud ou douloureux, c'était trop et on réduit. Et si la douleur vous empêche de bouger, parlez-en : les antidouleurs prescrits peuvent être ajustés.
Les revues de la littérature trouvent des résultats globalement comparables entre rééducation à distance ou à domicile et rééducation en présentiel après une prothèse de genou, mais avec des études de qualité plutôt faible à modérée. Pour beaucoup de patients, un mélange fonctionne bien : le cabinet quand un bilan ou un ajustement est utile, la visio et le programme à la maison entre les séances.
Je ne peux pas vous promettre un résultat ni un délai : ils dépendent de votre point de départ, de l'opération, de votre âge et de la régularité des exercices. En revanche, la plupart des gens progressent nettement sur la marche, les escaliers et le confort, et la fonction continue souvent à s'améliorer bien après les premières semaines.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Rééducation post-opératoire : genou, hanche, épaule.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Mythe ou réalité ?
On vous a dit qu'une vertèbre était sortie ? Ce que la science dit du « crac » et de l'alignement va vous rassurer.
Lire l'article →Mythe ou réalité ?
Le lit semble logique quand le dos fait mal. Les études racontent autre chose : la bonne dose se trouve entre repos et effort forcé.
Lire l'article →