Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
« L'IRM montre une déchirure du ménisque ou de la coiffe, donc il faut m'opérer. »
En réalité
Souvent non : la déchirure se voit aussi sans douleur, et l'exercice rivalise avec l'opération, sauf dans quelques situations précises.
19 %
des genoux de 40 ans et plus, sans douleur ni blessure, ont une fissure du ménisque à l'IRM
11 à 17 %
des épaules sans douleur ont une rupture complète de la coiffe à l'échographie (deux grands échantillons)
23 % / 20 %
d'arthrose à 10 ans après opération ou exercice du ménisque : pas de différence
Pourquoi on y croit
C'est logique de le penser : une « déchirure » évoque une pièce à recoudre, et l'image paraît parler d'elle-même. Dans le passé, opérer était d'ailleurs très courant.
Une IRM décrit l'aspect d'une articulation, pas la douleur. Pensez à une photo de visage : on y voit des rides, mais elles ne disent pas si la personne souffre. De la même façon, des déchirures se voient sur des genoux et des épaules qui ne font pas mal.
Le genou. Dans une grande revue, une fissure du ménisque apparaissait chez 19 % des adultes de 40 ans et plus, sans douleur ni blessure. Dans un essai norvégien auprès de 140 adultes d'environ 50 ans avec une fissure dégénérative, 12 semaines d'exercice encadré ont donné, à 2 ans, un résultat comparable à l'opération. À 10 ans, l'arthrose n'était pas plus fréquente avec l'exercice. Les recommandations internationales de 2017 vont dans le même sens pour le genou dégénératif.
L'épaule. Pour les petites ruptures dégénératives de la coiffe, une revue Cochrane indique que la chirurgie n'apporte peut-être que peu de bénéfice par rapport aux exercices, avec une certitude faible. Un essai auprès de personnes de plus de 55 ans a confirmé ce constat sur plus de 6 ans. Mais un autre essai, suivi pendant 15 ans, a trouvé de meilleurs résultats après réparation chez des personnes ayant une rupture petite à moyenne. La littérature est donc partagée.
Il existe des situations où l'avis du chirurgien est important :
Dans la plupart des cas, on commence par doser : on réduit ce qui irrite, on garde ce qui est toléré, puis on renforce pour que l'articulation supporte davantage, et on remonte par paliers. Si le lendemain est plus douloureux, la dose était trop haute : on redescend. Cela n'empêche pas un avis chirurgical, qui peut se prendre en parallèle.
Pour aller plus loin : douleur de genou et douleur d'épaule. Vous hésitez ? Parlons-en lors d'une première séance.
À faire
À éviter
À retenir
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Douleur de genou.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
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