Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
L'essentiel
Votre genou se manifeste à partir du troisième kilomètre, ou dans la descente, ou le lendemain d'une longue sortie. Vous vous demandez s'il faut tout arrêter, ou s'il vaut mieux serrer les dents « pour que ça passe ».
La réponse courte : ni l'un ni l'autre. Dans la plupart des cas, on ne coupe pas la course pour de bon et on ne court pas malgré la douleur : on dose. On réduit ce qui irrite le genou le temps qu'il se calme, on le renforce, puis on remonte par paliers. Un genou qui fait mal n'est pas un genou « usé » : c'est un genou qui reçoit, à ce moment-là, plus que ce qu'il tolère.
Imaginez que chaque genou possède un plafond de tolérance : une certaine quantité d'effort qu'il encaisse sans protester. Tant que vos sorties restent sous ce plafond, tout va bien. Quand elles le dépassent (reprise trop rapide, nouveau parcours vallonné, plan d'entraînement qui monte vite, changement de chaussures), la douleur apparaît. Elle ne prouve pas qu'une structure est abîmée : elle dit que la dose du moment est trop haute.
Chez le coureur, trois zones reviennent souvent :
Le nom exact compte moins que la démarche : trouver ce qui surcharge, adapter, renforcer.
Quatre « boutons » permettent de baisser la charge sans tout arrêter : la distance, la vitesse, la pente (côtes et descentes) et la fréquence des sorties. On commence par celui qui irrite le plus. Pour beaucoup de coureurs, ce sont les descentes et les sorties longues ; pour d'autres, les séances rapides.
Voici les repères que j'utilise en pratique (ce sont des repères cliniques, pas des seuils chiffrés issus d'études) :
Courir moins longtemps et sur du plat, en alternant course et marche, suffit parfois à faire retomber la douleur : ce n'est pas un recul, c'est ce qui permet de reprendre mieux.
Réduire la course ne veut pas dire rester immobile. Un genou qui n'est plus sollicité du tout perd de sa capacité, et le plafond baisse. Selon ce qui est toléré, vous pouvez garder :
Le bon choix est celui qui ne provoque pas plus qu'une gêne légère et qui est revenu à la normale le lendemain, selon le même repère que pour la course.
Les recommandations néerlandaises pour la douleur antérieure du genou placent l'exercice en premier choix, et ne proposent d'autres mesures que s'il n'apporte pas de changement net après environ six semaines pour la douleur fémoro-patellaire, douze semaines pour le tendon rotulien. Les auteurs précisent toutefois que la qualité des preuves est faible : la recommandation s'appuie aussi sur l'avis d'experts.
Concrètement, on travaille trois groupes de muscles :
Chez les coureurs qui ont mal à l'avant du genou, une revue indique que le renforcement des muscles de la hanche et le travail de la façon de courir améliorent la douleur et la fonction, avec des preuves limitées. Pour la bandelette ilio-tibiale, les études sont de taille modeste, mais le renforcement des muscles de l'extérieur de la hanche en est l'élément le plus constant. On commence léger, on augmente la charge quand le genou répond, et on rapproche progressivement les exercices du geste de course.
On vous a peut-être dit que courir « use » les genoux. Les données ne vont pas dans ce sens. Dans une grande revue regroupant plus de 100 000 personnes, les coureurs de loisir avaient moins d'arthrose de la hanche et du genou que les personnes sédentaires, alors que les coureurs de compétition en avaient davantage. Les auteurs soulignent que ces données ne prouvent pas une cause directe : les anciennes blessures jouent beaucoup. D'autres revues concluent à une absence de lien clair, et rappellent que la qualité des études est inégale, notamment sur la distance hebdomadaire.
Côté cartilage, les images faites avant et après une course montrent surtout des changements qui ne durent pas : le cartilage récupère après l'effort ; ce sont surtout les muscles qui s'adaptent à l'entraînement. Si vous avez déjà une arthrose du genou, la question n'est pas « courir ou non » en général, mais « quelle dose et quelle progression pour mon genou ». Les recommandations sur l'arthrose placent l'exercice en traitement de base. Cela se discute au cas par cas dans un bilan.
Soyons honnêtes : le niveau de preuve est faible. Pour la douleur autour de la rotule, un consensus international décrit le strapping, l'orthèse de genou et les semelles comme des options à court terme, à essayer si vous en ressentez un bénéfice, en complément de l'exercice et jamais à sa place. Pour les chaussures, il n'existe pas de modèle qui protège les genoux de tout le monde : choisissez celle qui vous est confortable, et évitez de changer de modèle, de rythme et de volume en même temps. On teste, on garde ce qui aide, on lâche ce qui n'apporte rien.
Je commence par un bilan : votre histoire de coureur (volume, rythme, terrain, ce qui a changé juste avant), la localisation exacte de la douleur, la force de vos cuisses, fessiers et mollets, et ce qui reproduit la douleur. Ensuite, nous construisons ensemble un plan de charge : ce que vous gardez, ce que vous réduisez, comment remonter. Le renforcement est progressif, et je vous donne des repères clairs pour savoir quand avancer et quand lever le pied. La thérapie manuelle peut soulager en complément, jamais seule. Si vous préférez, je peux vous suivre en téléconsultation entre deux séances. Pour la suite, voyez la page douleur de genou et ce qui se passe lors de la première séance.
Ne continuez pas à courir et consultez rapidement si vous constatez :
Souvent oui, mais à une dose adaptée. Le repère pratique : une gêne légère qui ne s'aggrave pas pendant la sortie et qui est revenue à son niveau habituel le lendemain. Si la douleur augmente, fait boiter ou fait gonfler le genou, la dose est trop haute : on raccourcit, on ralentit ou on passe à la marche. Cela dépend du diagnostic, d'où l'intérêt d'un bilan.
Il n'y a pas de durée standard, et je ne peux pas en promettre une. Dans la plupart des cas, on ne coupe pas tout : on réduit d'abord distance, vitesse, pente ou fréquence, tout en renforçant. Les recommandations néerlandaises conseillent de réévaluer après environ six semaines d'exercices pour la douleur fémoro-patellaire, et douze pour le tendon rotulien.
Pas systématiquement. La plupart des douleurs de genou du coureur se prennent en charge sans image, et une IRM trouve aussi des anomalies sur des genoux qui ne font pas mal. Elle devient utile en cas de blocage vrai, d'instabilité après un traumatisme, de gonflement important ou de tableau inhabituel. C'est votre médecin qui décide, avec mon bilan comme appui.
Rarement à eux seuls. Pour la douleur autour de la rotule, ces aides sont des options à court terme, à tester si vous en ressentez un bénéfice, en complément du renforcement. La preuve est faible et la réponse varie d'une personne à l'autre. Nous essayons, nous observons l'effet sur vos sorties, et nous gardons uniquement ce qui aide.
Pas automatiquement. Les études n'établissent pas que la course de loisir provoque l'arthrose, mais elles ne disent pas non plus ce qui convient à chaque genou déjà atteint. Les recommandations placent l'exercice en traitement de base. On décide au cas par cas : dose, terrain, progression et réaction du lendemain guident le choix, avec votre médecin si besoin.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Douleur de genou : comprendre le diagnostic et reprendre confiance.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Mythe ou réalité ?
On vous a dit qu'une vertèbre était sortie ? Ce que la science dit du « crac » et de l'alignement va vous rassurer.
Lire l'article →Mythe ou réalité ?
Le lit semble logique quand le dos fait mal. Les études racontent autre chose : la bonne dose se trouve entre repos et effort forcé.
Lire l'article →