Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
L'essentiel
Vous courez dans les parcs, sur les avenues ou sur les chemins de la commune, et un jour le genou, le talon ou le tibia se rappelle à vous. Ou bien vous venez de commencer et vous voulez éviter cela. Les deux situations sont courantes, et on peut faire beaucoup pour s'en protéger.
La réponse courte : une blessure de course est le plus souvent une question de dose. Votre corps a un plafond de tolérance, et il se relève quand vous augmentez la charge progressivement et que vous renforcez vos jambes. Il n'y a ni formule magique, ni chaussure miracle. Il y a de bonnes habitudes de dosage, de la force, et une façon calme de réagir à la première gêne.
Selon une revue qui a regroupé de nombreuses études, environ quatre coureurs sur dix se blessent au cours d'un suivi, avec de grandes différences d'une étude à l'autre. Les zones les plus touchées sont le genou, la jambe (tibia et mollet) et la cheville ou le pied.
Pour retrouver le mot de votre ordonnance, voici les plus courantes :
Dans chaque cas, le tissu n'est pas « usé » : il a reçu plus de charge qu'il n'était prêt à en tolérer. Détails sur les pages douleur de genou et tendinopathie.
Pensez à un plafond de tolérance : en dessous, tout va bien, au-dessus, la douleur apparaît. Courir plus longtemps, plus vite, plus souvent, ou sur un terrain plus exigeant, c'est monter vers ce plafond. Quelques repères :
Et la fameuse « règle des 10 % » (ne pas augmenter son volume de plus de 10 % par semaine) ? C'est un repère de prudence, pas une loi. Dans un essai de bonne qualité mené chez des coureurs débutants, un programme construit sur cette règle n'a pas fait mieux, pour le nombre de blessures, qu'un programme standard plus court (environ une blessure sur cinq dans les deux groupes). Et les revues sur les erreurs d'entraînement concluent que les résultats sont contradictoires et de qualité limitée. Autrement dit : progresser par petits paliers est raisonnable, mais aucun pourcentage magique ne protège à coup sûr.
Les facteurs de risque les mieux établis sont d'ailleurs ailleurs : avoir déjà été blessé ou être débutant. Ce n'est pas une fatalité, c'est une raison de plus de monter avec soin.
C'est le point sur lequel la recherche est la plus solide. Dans des méta-analyses d'essais randomisés portant sur des sportifs, les programmes de renforcement musculaire réduisaient nettement le nombre de blessures, et les blessures de surcharge étaient presque divisées par deux. Les étirements seuls, eux, n'apportaient pas de bénéfice démontré. Ces études portent sur des sportifs en général (pas seulement des coureurs), mais le message est cohérent avec ce que l'on voit au cabinet.
Concrètement, deux séances courtes par semaine suffisent souvent pour commencer : cuisses, fessiers, mollets et gainage. On démarre simple, puis on ajoute du poids à mesure que le corps répond. Mieux vaut peu, mais régulier.
Les chaussures. Une revue Cochrane récente a regroupé douze essais (plus de 11 000 participants). Verdict : aucune catégorie de chaussure n'a clairement montré qu'elle réduisait les blessures, et la qualité des preuves est faible. Choisir une chaussure d'après la forme de votre pied (pied plat, pied creux) n'a pas non plus fait baisser le nombre de blessures, selon des essais menés surtout chez des recrues militaires. Ma consigne : une chaussure dans laquelle vous vous sentez à l'aise, et un changement progressif de modèle.
La technique. On entend souvent qu'il faut courir sur l'avant-pied ou corriger sa foulée. Les revues sur le travail de la foulée montrent surtout de petits changements à court terme chez des coureurs déjà douloureux au genou, par exemple avec une légère augmentation du nombre de pas par minute ou une réception plus douce. Pour la prévention, les preuves restent incertaines. Je ne vous ferai donc pas changer de foulée « par principe » : on regarde plutôt si un ajustement précis vous soulage.
Les surfaces et le dénivelé. Passer d'un terrain plat à un parcours vallonné, ou d'un chemin à du bitume, c'est une variation de charge. Les études ne permettent pas de désigner « la bonne » surface : évitez surtout de cumuler les changements le même jour.
Le jour même, une gêne légère peut être tolérable. Le vrai test, c'est le lendemain matin :
Ce n'est pas un permis de courir malgré la douleur : c'est un moyen simple de régler le curseur sans deviner.
On vous a peut-être dit « arrêtez tout » ou, au contraire, « courez-la, ça passera ». Ni l'un ni l'autre.
Au Centre ASPIS, je commence par un bilan : votre histoire de course, ce qui a changé juste avant la douleur, vos mouvements, votre force et ce qui reproduit la douleur. Ensuite, nous construisons un plan de reprise : la dose de course qui vous convient aujourd'hui, un programme de renforcement adapté à la zone qui réagit, et des repères clairs pour remonter par paliers. Si vous le souhaitez, je peux vous accompagner en coaching sportif pour planifier vos semaines. La thérapie manuelle peut soulager en complément, mais ce n'est jamais le traitement principal. Le suivi peut aussi se faire à distance, en téléconsultation, entre deux séances.
Consultez sans attendre (médecin ou bilan en kinésithérapie) si :
Courir sans se blesser tient moins au matériel qu'au dosage, à la force et à une réaction calme à la première gêne. Que vous soyez à Woluwe-Saint-Lambert, à Woluwe-Saint-Pierre ou dans les environs, le cabinet est facile à rejoindre.
Il n'y a pas de chiffre valable pour tout le monde. Un repère courant est de ne pas augmenter son volume de plus de 10 % par semaine, mais un essai chez des débutants n'a pas montré qu'un programme bâti sur cette règle protégeait mieux des blessures. Montez par petits paliers, changez un seul paramètre à la fois, prévoyez des semaines plus légères et jugez surtout selon la réaction du lendemain.
Pas toujours. Si la douleur est vive, qu'elle vous fait boiter ou qu'elle augmente pendant l'effort, arrêtez la séance. Si la gêne est légère et stable, on réduit d'abord la dose (durée, allure, pente, fréquence) et on garde ce qui est toléré. Le repère : la gêne doit être revenue à son niveau habituel le lendemain. Sinon, la dose était trop haute et on la redescend.
La recherche ne permet pas de désigner un type de chaussure qui protège mieux : les revues retrouvent des preuves de faible qualité, et choisir selon la forme du pied n'a pas réduit les blessures dans les essais menés, surtout chez des militaires. Choisissez une chaussure confortable pour vous, et changez de modèle progressivement plutôt que d'un coup.
Pas de façon démontrée. Dans les méta-analyses sur la prévention des blessures sportives, les étirements seuls n'ont pas réduit le nombre de blessures, alors que le renforcement musculaire l'a fait nettement. Vous pouvez vous étirer si cela vous fait du bien, mais ne comptez pas dessus à la place de la force.
Rarement par principe. Les preuves de l'effet d'un changement de foulée pour prévenir les blessures sont incertaines. En cas de douleur autour de la rotule, une petite augmentation du nombre de pas par minute ou une réception plus douce peut soulager à court terme. Cela se teste pendant le bilan, avec un coach ou un kiné, et se dose comme le reste.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Douleur de genou : comprendre et reprendre confiance.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
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