Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
« Mon cartilage est usé : je dois ménager mes genoux et arrêter de courir. »
En réalité
Un genou douloureux n'est pas « usé » : il est le plus souvent surchargé. Le remède est de le doser et de le renforcer, pas de l'arrêter.
3,5 %
des coureurs de loisir ont une arthrose de hanche ou de genou
10,2 %
chez les personnes qui ne courent pas
−12 pts
de douleur sur 100 en moyenne avec l'exercice, dans l'arthrose du genou
Pourquoi on y croit
C'est logique de le penser : on compare le genou à un pneu qui s'use à chaque kilomètre, et un compte rendu d'imagerie parle volontiers d'« usure ». Même certains soignants l'ont longtemps répété.
Une grande revue a regroupé 25 études, soit plus de 125 000 personnes. D'après les études regroupées, l'arthrose de la hanche ou du genou touchait 3,5 % des coureurs de loisir, contre 10,2 % des personnes qui ne courent pas. Chez les coureurs de compétition, avec beaucoup d'années et de volume, c'était 13,3 %.
Les auteurs restent prudents : on ne peut pas dire si la course en est la cause, car les anciennes blessures du genou pèsent lourd dans ces chiffres.
Imaginez que votre genou a un plafond de tolérance : tant que la charge reste en dessous, tout va bien. Quand elle le dépasse (reprise trop rapide, côtes, changement de sport), la douleur apparaît, sans qu'une pièce soit « cassée ».
L'arthrose concerne toute l'articulation, os, cartilage, membrane et muscles, pas seulement une surface qui s'effacerait. Le cartilage se renouvelle peu, mais les muscles autour du genou répondent très bien à l'entraînement. Et l'image ne dit pas tout : des changements de l'arthrose s'observent aussi sur des genoux sans aucune douleur (voir douleur de genou).
Les recommandations (ACR, OARSI) placent l'exercice et l'éducation en tête du traitement de l'arthrose du genou. Dans la revue Cochrane, l'exercice faisait baisser la douleur d'environ 12 points sur 100, un effet comparable à celui des anti-inflammatoires.
Cela ne veut pas dire courir malgré la douleur. On dose : on réduit ce qui irrite, on garde ce qui est toléré, on renforce, puis on remonte par paliers. Un bon repère : une gêne légère qui est revenue à son niveau habituel le lendemain. Si la douleur augmente ou si le genou gonfle, la dose était trop haute : on redescend.
Pour savoir où se situe votre plafond, un bilan aide beaucoup : voir la première séance.
À faire
À éviter
À retenir
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Douleur de genou : comprendre et reprendre confiance.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
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