Mal de dos = hernie discale ? Non, et voici pourquoi
Mythe ou réalité ?
Un disque qui bombe sur l'IRM est très courant chez des gens sans douleur. Alors, que vaut cette image ?
Lire l'article →Par Augustin Castel, kinésithérapeute du sport
L'essentiel
Vous avez posé le pied de travers, la cheville a tourné, et deux heures plus tard elle ressemble à une balle de tennis. Que faire maintenant : mettre de la glace, ne plus poser le pied, aller aux urgences ?
La réponse courte : dans la plupart des entorses, on protège la cheville quelques jours, on reprend l'appui et la marche dans la mesure de la douleur (sans forcer), on gère le gonflement, puis on retravaille la force et l'équilibre, même quand la douleur a disparu. Une radio ou un avis médical s'imposent dans quelques situations précises, détaillées plus bas.
Une entorse, c'est un ou plusieurs ligaments étirés au-delà de ce qu'ils supportent, parfois partiellement déchirés. Les ligaments sont de solides bandes qui guident l'articulation. Au début, la cheville est irritée : elle gonfle, elle est sensible, et elle supporte moins bien la charge qu'à l'habitude.
Deux erreurs fréquentes : continuer comme si de rien n'était, ou ne plus poser le pied pendant des jours. Une courte période de protection peut soulager la douleur et le gonflement, mais les revues de la littérature soutiennent la mobilisation précoce, c'est-à-dire reprendre l'appui et le mouvement tôt.
Concrètement, on dose :
Une douleur modérée qui se calme dans l'heure ou le soir même est un repère utile. Une douleur qui grimpe, qui boite ou qui réveille la nuit est un signal pour lever le pied et dire à un professionnel ce qui se passe.
Vous avez peut-être appris le sigle « repos, glace, compression, élévation ». Plus récemment, deux cliniciens ont proposé les sigles PEACE & LOVE : protéger au début, surélever, éviter de s'en remettre aux anti-inflammatoires, comprimer, informer ; puis, après les premiers jours, mettre la charge progressivement, garder une attitude positive, soutenir la circulation par l'activité, et faire des exercices. Soyons honnêtes : c'est un éditorial d'experts, pas la preuve que chaque élément change l'évolution.
Ce qu'on peut dire sans trop se tromper :
Pas systématiquement. Les médecins s'appuient sur les règles d'Ottawa, un outil simple pour repérer les cas où une fracture est possible. En langage courant, une radio est proposée si, juste après l'accident (et au moment de l'examen) :
Ces règles repèrent presque toutes les fractures : si elles sont négatives, une fracture est très improbable. En contrepartie, elles font parfois passer une radio qui n'était pas nécessaire. Et la radio montre les os, pas les ligaments : une radio normale n'est donc pas la preuve que « ce n'est rien ».
Dernier point : la gravité d'une entorse se juge souvent mieux quelques jours après l'accident, quand le gonflement a un peu diminué, que le jour même.
Après une entorse récente, les recommandations indiquent que l'association d'un soutien (bande adhésive, strapping, orthèse ou attelle semi-rigide) et d'un programme d'exercices est plus avantageuse que l'immobilisation seule. Le soutien rassure et protège pendant que vous reprenez le mouvement.
Pour limiter le risque de se retordre la cheville ensuite, les orthèses sont l'une des mesures les mieux soutenues. Elles ne remplacent pas le travail de force et d'équilibre : elles l'accompagnent. Le choix dépend de votre sport et de votre confort. Dans certaines entorses plus rares (entorse haute, atteinte du milieu du pied), un médecin peut prescrire une vraie protection : on suit alors son avis.
Imaginez que le contrôle de votre cheville est un pilote automatique qui corrige la position du pied des milliers de fois par jour. Après une entorse, les ligaments cicatrisent, mais ce pilote automatique a été perturbé : des capteurs ont été touchés, les muscles réagissent un peu plus lentement, la confiance baisse. La douleur disparaît souvent avant que ce réglage fin soit revenu.
C'est ce qui explique que certaines personnes gardent une cheville qui « lâche » ou se tord à répétition : on parle d'instabilité chronique. La plupart des gens voient leurs symptômes se résoudre, mais une partie garde des sensations d'instabilité, et le risque de nouvelle entorse est réel.
La bonne nouvelle : les exercices de rééducation (force, équilibre) réduisent le risque de nouvelle blessure. Les études montrent surtout un effet visible sur plusieurs mois. En revanche, le contenu idéal du programme (quels exercices, combien de temps) n'est pas encore établi : c'est un domaine où la littérature reste incomplète.
Le bon moment pour commencer ? Dès que la douleur le permet, souvent dans les premiers jours, avec des mouvements doux, puis une montée progressive. Le parcours complet est décrit sur la page entorse de cheville et du pied.
Pour une entorse légère, on parle souvent de quelques semaines ; pour une entorse plus sévère, de plusieurs semaines à quelques mois. Cela dépend de la gravité, de votre sport et de la façon dont la cheville répond.
Plutôt que la date, je regarde des critères :
Je commence par un bilan : mécanisme de l'accident, zones douloureuses, mobilité, stabilité, capacité d'appui. Il m'aide à repérer les cas où une radio ou un avis médical s'impose. Ensuite, nous remettons la cheville en mouvement de façon dosée, puis nous travaillons mobilité, force et surtout équilibre. La thérapie manuelle peut compléter pour soulager, sans remplacer les exercices. Je vous explique le choix d'un soutien et je construis avec vous la reprise du sport par paliers, en gérant la charge. Un suivi en téléconsultation est possible. Si vous voulez savoir comment cela se passe, voyez la première séance.
Consultez un médecin, ou les urgences, sans attendre si :
Dans les autres cas, une entorse évolue bien, et nous pouvons préparer ensemble une reprise confiante de vos activités.
Dans la plupart des entorses latérales, oui, dans la mesure de la douleur : petits pas, distances courtes, sans forcer. Si la douleur et le gonflement sont nettement plus importants le lendemain, c'était trop, et on réduit la dose. Si vous ne pouvez pas faire quatre pas ou si un os est douloureux à la pression, il faut d'abord un avis médical.
Elle peut soulager un moment, mais elle ne fait pas cicatriser les ligaments et son effet sur la guérison n'est pas démontré. Si elle vous fait du bien, utilisez-la en intervalles courts, jamais directement sur la peau. Le mouvement dosé, la surélévation et une compression légère ont autant, voire davantage, d'intérêt.
Non. Le médecin s'appuie sur les règles d'Ottawa : une radio est proposée si vous ne pouvez pas faire quatre pas ou si des zones osseuses précises sont douloureuses à la pression. Ces règles repèrent presque toutes les fractures, mais elles font parfois passer une radio inutile. Une radio ne montre pas les ligaments.
Après une entorse récente, un soutien associé à des exercices est plus avantageux que l'immobilisation seule. Les orthèses font aussi partie des mesures les mieux soutenues pour limiter les récidives. Elles ne remplacent pas le travail de force et d'équilibre. Le choix dépend de votre sport et de votre confort.
La douleur disparaît souvent avant que le contrôle de la cheville soit revenu. Or c'est ce contrôle, la force et l'équilibre qui protègent d'une nouvelle entorse. Les exercices réduisent le risque de récidive, avec un effet surtout visible sur plusieurs mois. Mieux vaut valider la reprise sur des critères que sur l'absence de douleur.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Si cet article parle de votre situation, nous pouvons faire le point ensemble. Entorse de cheville et du pied.

Augustin Castel
Kinésithérapeute du sport à Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles). Je m'appuie sur les preuves scientifiques pour vous aider à comprendre et à reprendre vos activités. En savoir plus
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